Les domaines skiables français sont un des fleurons de notre industrie touristique. Mais connaît-on vraiment l’économie de la montagne en France ? Les vacances au ski, en famille ou entre amis, soutiennent de nombreux emplois et un savoir-faire unique. Elles participent à faire évoluer une offre touristique face aux défis du réchauffement climatique.
La France se classe dans le top 3 mondial des domaines skiables pour leur fréquentation. Comme les États-Unis et l’Autriche, la France fait partie des leaders mondiaux du ski alpin, avec un écosystème économique comparable.Le parc français de remontées mécaniques est le plus important au monde.
Derrière chaque journée de ski, ce sont 18 500 professionnels qui œuvrent au quotidien : conducteurs de remontées, pisteurs-secouristes, dameurs, nivoculteurs, hôtes de caisse et responsables d’exploitation.
Par ailleurs, de nombreux services sont proposés en station de montagne tels que l’hébergement, la restauration, la location de matériels, les leçons de ski, les offices de tourisme, les commerces… L’ensemble de ces activités nourrit chaque hiver 120 000 emplois dans les 250 stations de montagne que compte la France. C’est une part très importante des emplois proposés en montagne.
En effet, le tourisme estival de montagne et l’agriculture des alpages créent moins d’emplois que le tourisme hivernal sur les territoires concernés. Les Alpes concentrent la plus grande part du tourisme de neige en France. Viennent ensuite les Pyrénées, le Massif Central, le Massif Vosgien et les Montagnes du Jura.
La France compte environ 2000 téléskis, 450 télésièges fixes, 400 télésièges débrayables, 150 télécabines et 50 téléphériques. A ces 3000 remontées mécaniques s’ajoutent 500 tapis roulants de montagne (chiffres STRMTG).
En dépit de la baisse régulière du nombre de remontées mécaniques (-600 depuis 2011), le nombre de pistes de ski desservies se maintient du fait que plusieurs remontées mécaniques sont généralement remplacées par une seule remontée mécanique plus performante.
En outre, un panel d’équipements complète le parc de remontées mécaniques pour le déclenchement préventif des avalanches, le damage et la production de neige.
Ces infrastructures et équipements sont sans cesse modernisés. En effet, un domaine skiable investit chaque année 25% de son chiffre d’affaires pour l’amélioration de son outil de travail. Les dernières technologies font appel aux drônes pour l’inspection du domaine skiable, aux GPS pour la mesure des hauteurs de neige, à l’intelligence artificielle pour la commercialisation et l’optimisation des processus, aux nouveaux carburants, etc.
Exemple : un télésiège 6 places débrayable coûte en moyenne 8 millions d’euros.
Les domaines skiables français sont caractérisés par leur très grande diversité. En effet, il en existe de toutes tailles, à tous les prix et dans tous les massifs qu’ils soient de proximité ou plus lointains. Ainsi, la palette des entreprises qui adhèrent à Domaines Skiables de France va de la petite association sans salarié, qui exploite un seul téléski grâce à des bénévoles, à la grande station internationale.
Il y en a pour tous les goûts, tous les niveaux et toutes les bourses !
Sur les domaines skiables français, les deux tiers de la fréquentation proviennent de la clientèle française. Le tiers restant provient de pays européens de proximité immédiate : en premier lieu des Britanniques, puis des Belges et des Néerlandais. Les clientèles hors Europe représentent environ 3% de la fréquentation.

Le ski a un impact social et économique très fort sur les territoires de montagne en effet, chaque hiver 120000 emplois en station dépendent directement de l’ouverture des domaines skiables : moniteurs de ski, loueurs de matériel, hébergeurs, restaurateurs, commerçants etc. L’impact économique du ski en France va bien au-delà des emplois en station, soutenant aussi un large écosystème d’entreprises.
L’ensemble de ces activités n’existerait pas sans le ski. En effet, l’activité touristique hors ski attire beaucoup moins de monde que le ski alpin.
Les exploitants de remontées mécaniques, par exemple, réalisent en moyenne 95% de leur chiffre d’affaires en hiver, les magasins de sport 85% et les hébergeurs 75%. Ces données montrent que, malgré les évolutions, l’économie des stations reste largement structurée autour de l’hiver, de la neige et de l’activité ski.
Par ailleurs, les stations de montagne se trouvent sur des territoires à forte valeur environnementale, et la qualité de l’environnement montagnard est un élément fort de l’attractivité des domaines skiables. En effet, la faune, la flore, les paysages ou encore la pureté de l’air sont autant d’atouts recherchés par les clientèles qui se rendent en montagne.
C’est pourquoi les élus et les professionnels des stations fournissent des efforts importants afin d’être exemplaires. Les domaines skiables pour leur part ont tous adopté une feuille de route commune afin de limiter leur empreinte écologique. 16 éco-engagements ont ainsi été adoptés par chacun des 200 domaines skiables en matière d’eau, de biodiversité, d’énergie, de déchets, d’agriculture et de paysages.

Avec le réchauffement climatique, l’enneigement naturel tend à diminuer, en particulier à basse altitude. La hausse des températures entraîne une élévation de la limite pluie-neige en hiver, rendant l’exploitation des pistes plus complexe.
Pour s’adapter à ces conditions d’enneigement plus incertaines, les opérateurs de domaines skiables interviennent dès l’été : ils modèlent et végétalisent les pentes pour favoriser la tenue de la neige. Ils optimisent également les plans de damage pour améliorer la conservation du manteau neigeux, et déploient des équipements tels que des enneigeurs ou des barrières à neige pour renforcer l’enneigement lorsque cela est nécessaire.
Ces techniques nécessitent des investissements et un savoir-faire importants, mais elles sont très efficaces. En effet, les techniques d’optimisation de la neige permettent à la plupart des stations d’envisager les 25 prochaines années sereinement, alors qu’elles seraient beaucoup moins nombreuses à pouvoir se projeter à l’horizon 2050 sans ces techniques.
En complément des techniques de sécurisation de l’enneigement, les opérateurs de domaines skiables développent depuis plusieurs années une large palette d’activités de diversification, en hiver comme en été.
Les activités aménagées de pleine nature en station — telles que le VTT, les promenades, les luges 4 saisons, les engins de descente sur herbe, les parcours d’interprétation ou encore les espaces aqualudiques — connaissent un essor constant.
Elles constituent un levier important pour renforcer la résilience des territoires de montagne face au changement climatique, en apportant un meilleur équilibre économique.
Cependant, ces activités ne remplacent pas le ski, qui reste l’activité socle des stations et le moteur principal de leur développement.
La France compte environ 250 stations de ski avec 3 000 remontées mécaniques. Elle est numéro un mondial par le nombre de ses remontées mécaniques et numéro deux mondial par la fréquentation de ses domaines skiables. Les recettes des remontées mécaniques l’hiver s’élèvent à 2 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires annuel des stations dépasse les 10 milliards d’euros si l’on cumule l’ensemble des activités en stations : hébergement, restauration, location de matériel, leçons de ski…
Les domaines skiables français disposent d’un parc technique moderne avec une forte proportion de remontées mécaniques innovantes (télésièges, téléphériques, télécabines). Les investissements annuels dépassent les 350 millions d’euros (568 millions d’euros en 2024) pour assurer la modernisation, l’amélioration du confort et la réduction de l’impact environnemental.
Les skieurs français représentent environ 66 % des skieurs, tandis que les 33 % restants sont des skieurs internationaux venant presque intégralement d’Europe. 3 % de la fréquentation provient des clientèles hors Europe.
Les domaines skiables jouent un rôle clé dans l’économie locale, créant plus de 120 000 emplois et supportant des activités économiques variées. Ils s’engagent aussi dans des politiques de responsabilité sociale et environnementale, visant à concilier développement économique et protection des milieux montagnards.
Les défis incluent l’adaptation au changement climatique, le renouvellement continu des infrastructures pour répondre aux attentes des utilisateurs, et la diversification de l’offre touristique pour mieux équilibrer activité hivernale et estivale.