En 2020, plusieurs acteurs de la filière Sports, Montagne et Tourisme se sont réunis pour une action collective visant à assurer un avenir responsable du secteur touristique en montagne. Soutenue par l’ADEME, cette action voit désormais son aboutissement dans un guide, destiné aux différents corps de métiers de cette filière : fabricants d’équipements de sport outdoor, métiers d’ingénierie, d’aménagement touristiques en montagne, ainsi que les domaines skiables, respectivement représentés par Outdoor Sports Valley (OSV), Cluster Montagne et Domaines Skiables de France (DSF).
Territoires de montagne : quelle empreinte carbone ?
Si l’économie de montagne n’est pas, et de loin, la première contributrice au réchauffement climatique, elle en est l’une des premières impactées : selon une étude CREA Mont-Blanc , les températures moyennes observées en montagne au XXème siècle ont augmenté de +2°C contre une augmentation moyenne de +1,4°C en France. Pour autant, « la filière sports, montagne et tourisme a la capacité d’être un laboratoire d’innovation pour déployer un autre récit ambitieux pour des usages durables en montagne, témoin d’une filière qui anticipe et s’adapte aux défis climatiques », comme le rappelle Samuel Dixneuf, associé AIR coop et co-auteur du guide.
En prenant la pleine conscience des futurs risques climatiques - comme le montre le dynamisme des différents acteurs ces dernières années - la filière montagne a mandaté les agences UTOPIES et AIR coop pour réaliser les bilans GES de 14 entreprises parmi les 3 principaux métiers de la filière, rédiger ce guide méthodologique et construire des outils d’évaluation à destination des acteurs de la filière. De nombreuses pistes ont pu être soulevées lors de nos échanges communs, prouvant bien qu’il est encore possible de changer les choses. Et en premier lieu, ces bilans ont permis d’évaluer les poids des différents postes d’émission pour les trois types d’acteurs de la filière étudiés au cours de cette action :
Infographie représentant l’impact GES d’une journée de ski moyenne de l’étude :
« L’empreinte carbone de n’importe quel séjour en montagne, au ski ou autre, est avant tout impactée par le mode de transport : en moyenne – soit pour les trois domaines considérés – quatre annéciens auront une empreinte plus importante en allant skier en véhicule personnel à la journée qu’un Londonien qui vient passer une semaine en train puis bus (5,5 kgCO2e par personne pour le trajet, contre 5,0 kgCO2e pour le trajet ramené par jour pour le voisin d’outre-Manche). En revanche, si ce dernier vient en avion puis voiture, son empreinte liée aux transports passe pour le même séjour à 62 kgCO2e ! » analyse Pierre Viard, expert en mesure d’impacts chez UTOPIES et co-auteur du guide.
Des opportunités de transition et de développement économique
Ce guide vise à accompagner la filière dans la mesure de son impact climatique et propose, avec pragmatisme, des orientations à suivre en priorité pour les acteurs de ce système, au premier rang desquelles les réductions d’émissions de GES tout en faisant perdurer le dynamisme des territoires de montagne. Il cherche à mettre en avant les bonnes pratiques pour que le tourisme en montagne demeure soutenable économiquement et écologiquement. Accélérer ce mouvement permettra de conserver un temps d’avance sur les évolutions réglementaires ou comportementales pouvant impacter la mobilité de demain. Issues d’un travail collaboratif produit au cours d’ateliers, les pistes envisagées sont multiples :
Ainsi, pour s’adapter aux aléas, tels que les risques climatiques impactant la période hivernale, les activités touristiques pourraient à l’avenir se diversifier au sein d’une même saison voire se lisser sur l’année. Pour un autre tourisme, plus vert et moins concentré, des activités comme le VTT, les raquettes et la randonnée pourraient voir leur demande augmenter.
Ce guide permettra à chaque entreprise concernée de s’approprier les outils mis à disposition, et ce de manière personnalisée. Chacune d’entre elles pourra dès lors identifier les principaux postes d'émissions puis, dans un second temps, utiliser les pistes de stratégies présentées afin de contribuer pertinemment à la construction d'une stratégie globale de réduction des émissions de GES… car pour que la montagne reste belle, encore faut-il savoir comment contribuer le plus concrètement possible à sa préservation.